Art et Culture:

IVOMO vous emmène ce dimanche sur la colline Nyamigina de la zone Kabanga commune de Kinyinya dans la province de Ruyigi (Est du Burundi) où l’on découvre Jean Ntahoturi le forgeron et Léonidas Makuri le vannier.

Les deux vieux hommes affirment avoir commencé leur métier depuis leur jeune âge à l’époque coloniale belge mais qu’ils vivent toujours dans la pauvreté.

Assis dans son atelier, devant un four, attisé par un soufflet, Jean Ntahoturi, décrit les conditions dans lesquelles il travaille. « Je fabrique des couteaux, machettes et haches », explique le vieil homme. « Je dois parcourir plusieurs kilomètres à la recherche des fers à bétons usés et d’autres métaux jetés pour avoir une matière à utiliser », témoigne-t-il.

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Jean Ntahoturi le forgeron

Il indique que l’arrivée de produits étrangers ainsi que le manque de soutien des autorités font chuter sa capacité de production.

« Dans les années passées je vendais une grande quantité de couteaux et de machettes car les gens n’utilisaient que nos produits mais actuellement ils achètent des produits étrangers», se désole-t-il. «Le métier ne me permet même plus de trouver à manger car le taux de vente a chuté jusqu’à moyenne de trois couteaux par jour».

Le problème est partagé par Léonidas Makuri qui fabrique des paniers et des vans. Il évoque les problèmes d’environnement, d’érosion, des forêts qui disparaissent au fil du temps. Il ne trouve plus de l’«imisunu», graminée de la famille des bambous utilisés dans ce travail.

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Paniers fabriqués par Léonidas Makuri

«Je préférais ces type de bambous pour leur légèreté, élasticité et résistance. En plus ils sont biodégradables», raconte Léonidas. «Mais, ils n’existent presque plus dans ma commune. Je vais mourir de faim alors que j’avais un bon métier», déplore-t-il.

Jean Ntahoturi et Léonidas Makuri exigent au gouvernement de résoudre le problème.

«On souhaite qu’il y ait une politique nationale visant à promouvoir l’artisanat burundais pour que nous puissions concurrencer les produits étrangers, de l’ EAC ou d’ailleurs».

@Ivoomo: #FLASH_Hiryanohino

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