Politique:

Juvent Nduwimana, l’agent du Service National des Renseignements qui avait déclaré avoir participé à l’assassinat des trois religieuses italiennes de la paroisse Guido Maria Conforti de chez Buyengero à Kamenge, en 2014, n’est plus à la prison centrale de Mpimba depuis plus de deux semaines.

x
Les sœurs Lucia, Olga et Bernadette

Une source à la prison indique que cet ex-combattant du FDD serait sorti comme d’autres prisonniers dans la matinée du vendredi 11 novembre de cette année sur autorisation des responsables de cet établissement pénitentiaire et devrait revenir dans l’après midi mais n’est pas revenu.

Cette source affirme que deux jours après, trois de ses codétenus avaient été arrêtés et mis dans l’isolement où ils auraient été interrogés sur la sortie de Juvent.

Le porte-parole de la Police Pierre Nkurikiye fait savoir que ce détenu s’est plutôt évadé le soir de la même date du 11 novembre. Il ajoute que Juvent s’est évadé en escaladant le mur de la prison à l’aide d’un « crochet de fer à béton et d’une moustiquaire ».

Une source familiale proche des parents indique qu’ils n’ont pas de nouvelles de leur fils depuis le jour où la police a annoncé qu’il s’était évadé. «Les dernières nouvelles de Juvent remontent au début du mois, avant le 11 novembre. Actuellement on ne parvient plus à le joindre. On craint pour sa sécurité», se désole un membre de la famille.

Bref, personne ne sait rien, officiellement. Mais où est donc passé Juvent Nduwimana?

Des activistes burundais vivant en exil craignent le pire.

Lambert Nigarura président de la Coalition Burundaise pour la Cour Pénale Internationale pense que cet agent aurait été «exécuté» pour brouiller les pistes pouvant mener vers les vrais commanditaires de l’assassinat des 3 sœurs xaveriennes.

Il estime que son exécution viserait à échapper aux enquêtes de la CPI.

«C’est une façon de sacrifier les exécutants pour effacer les traces suite à l’annonce de la CPI», a-t-il expliqué via son compte tweeter.

La disparition de Juvent est arrivée quelques jours après l’annonce de la CPI d’ouvrir une enquête sur le Burundi. Dans l’annonce de cette cour, les juges ont autorisé la Procureur Fatou Bensouda à étendre son enquête à des crimes perpétrés avant le 26 avril 2015 si certaines conditions juridiques sont remplies.

Quand Juvent s’est dénoncé début 2015, il a dit avoir participé à l’élimination des trois religieuses quelques mois plus tôt à Kamenge. Il a fait ces «révélations» sur la radio RPA. Il a indiqué qu’il agissait sur «ordre d’hommes influents» du pouvoir de Bujumbura.

Leurs noms et le pourquoi de ce triple assassinat restent jusqu’ici inconnus.

Les trois religieuses italiennes ont été sauvagement assassinées le 7 septembre 2014. Les deux premières, sœur Lucia Pulici, 75 ans, et Sœur Olga Raschietti, 83 ans, ont été égorgées vers 16 heures dans leur couvent Guido Maria Conforti à Kamenge. Une troisième, Bernadette Boggian, 79 ans, a été tuée plus tard dans la nuit.

Aucun commanditaire n’a été arrêté jusqu’à maintenant.

@Ivoomo: #FLASH_Hiryanohino

Laisser un commentaire