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Six hommes  ont été tués deux autres blessés, ce vendredi, dans un glissement de terrain sur un chantier de stabilisation des berges de la rivière Gasenyi près du nouveau palais présidentiel en construction au Nord-est  de la capitale Bujumbura. La catastrophe  aurait été due à une forte pluie qui s’est abattue sur la localité ce jeudi.

A 8h00, un reporter d’Ivomo  arrive sur le lieu de l’accident  quelques minutes après l’éboulement. Dans la panique, une foule de gens sur les bords observent des  ouvriers entrain d’enlever manuellement la terre et les pierres pour tenter d’extraire les corps de leurs collègues. Après un instant, un responsable se rend compte que la méthode est inefficace. «Allez ! Dégagez tout le monde ! Pas question qu’il y ait d’autres victimes», a-t-il ordonné. Il était question d’attendre l’équipe de la croix rouge et les agents de la police de protection civile qui n’ont pas tardé à arriver. Ainsi, un bulldozer est intervenu pour dégager la terre. Il  a mis plus de deux heures pour arriver au premier cadavre.

Que s’est-il passé ? D’après des ouvriers rescapés, les victimes, toutes au nombre de neuf,  étaient entrain de canaliser l’eau pour dégager l’espace où il fallait mettre du béton près des berges de la rivière. « Elles creusaient beaucoup sous les berges, extrayaient  des pierres et les jetaient  de l’autre côté. Mais, elles ont oublié que les berges étaient devenues fragiles à cause de la pluie de ce jeudi. C’est ainsi qu’elles se sont  effondrées. Six sont déjà morts, deux ont été blessés et l’autre a survécu », témoigne Gérard*, un des ouvriers. Pour lui et ses collègues, la  catastrophe devrait éveiller la conscience des décideurs du pays pour songer déjà à l’assurance de petits employés.  « Nous ne somme pas assurés car nous sommes tous  des journaliers, on n’a pas de contrat. Le gouvernement devrait s’y pencher et penser aussi aux familles des victimes », ajoute-t-il.

C’est la désolation totale pour ces  familles. Francine*, 27 ans, était venue chercher le corps de son mari. Elle a passé plusieurs heures près de l’endroit du drame en attente des résultats du bulldozer. Le corps sans vie de son mari a été extrait en troisième position. Pleurs et désespoir. C’est le mari qui prenait en charge la famille. « C’est lui qui payait le loyer, la nourriture et la scolarité de nos 4 enfants. Je ne vois pas comment  nous allons subsister », se désole-t-elle, larmes dans les yeux. Le Ministre des Travaux publics, Jean Bosco Ntunzwenimana, qui avait fait un déplacement sur place pour se rendre compte de la situation les a rassurés. « Nous avons pris les précautions nécessaires de faire assurer le chantier ; donc l’assurance va travailler avec les familles pour indemniser les victimes », a-t-il déclaré.

En 2014, des dizaines de personnes avaient péri suite aux inondations provoquées par de fortes pluies qui avaient fait déborder les rivières Gasenyi, Kinyankonge et Nyabagere dans le nord de la capitale. C’est ainsi que  la banque mondiale a donné un financement pour les aménager.

*Les noms ont été changés

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