DROITS HUMAINS: 

Le rapport de la commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’homme, publié la semaine dernière, continue de faire réagir au Burundi.

Ce samedi 15 Septembre des foules ont défilé dans des rues de la capitale Bujumbura et aux chefs-lieux des provinces pour exprimer leur rejet de ce document qui fait état de la persistance des violations graves des droits humains dans le pays.

D’après le document de 29 pages, certaines violations sont principalement commises par des agents de l’Etat et sont constitutives de crimes contre l’humanité.  Sa publication a mis Bujumbura en colère.

Neuf heures pile, au rond-point des Nations Unis, en Mairie de Bujumbura, des taxi-motos et conducteurs de vélos rejoignent un à un quelques centaines de manifestants composés de femmes, d’hommes et d’enfants. Le maire de la ville, Freddy Mbonimpa, l’Assistant permanent du ministre de l’intérieur, Térence Ntahiraja, la chargée de la communication au sein du parti dominant CNDD-FDD, Nancy Ninette Mutoni, et certains élus rejoignent aussi le mouvement.

Un groupe de jeunes hommes aligne les manifestants. Dix heures précisément, la marche commence. En tête du cortège, des députés, des femmes et filles brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : «Nous remercions notre gouvernement pour les décisions déjà prises contre ces ennemis du Burundi.» On se souviendra que les trois experts rédacteurs du rapport ont été déclarés persona non grata par le gouvernement burundais.  Sur les bandes, on pouvait aussi lire : «L’ONU doit retirer le Burundi de son agenda car il a recouvré la paix et la stabilité».

La marche s’est poursuivie vers le centre ville, rythmée par des chants d’éloges au président Nkurunziza : «reka nguhaye, ngushimagize Petero Nkurunziza…» (Laisse-moi te louer, te glorifier, Pierre Nkurunziza…).

Arrivés à la place de l’indépendance, Aimé Pascal Nduwimana, l’un des organisateurs du mouvement, a pris la parole. Il a critiqué les trois experts de l’ONU les qualifiant de «démons» avant de se mettre à lancer des slogans anti-occidents.

Certains semblaient ignorer le contenu du rapport contre lequel ils étaient appelés à manifester. «Un ami m’a dit de me joindre aux autres et je suis venu. Je ne veux pas me voir marginalisé», a confié un manifestant.

La dispersion a eu lieu vers 13 heures.

Le rapport concerné fera l’objet d’une analyse détaillée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU les 17 et 18 septembre à Genève.

 

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