Disparition de Nkurunziza : hommage ou opportunisme ?

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Le président burundais est mort, lundi 8 juin 2020, des suites d’un « arrêt cardiaque », à l’Hôpital du Cinquantenaire de Karuzi. Durant le deuil national, des Burundais et étrangers ont eu l’occasion d’inscrire leurs hommages dans des livres d’or, au palais « Kwa Ntare Rushatsi » situé sur la colline de Gasenyi en commune de Mutimbuzi. Cependant, à la surprise générale, l’événement semble avoir pris des allures festives.

Des gens se selfisant ou s’amusant dans la cour de l’immense palais – s’étalant sur 40 hectares – ont été nombreux tout au long des sept jours du deuil national, arrivé à termes ce mardi, 16 juin 2020. Il y en a eu de toutes les catégories : autorités, fonctionnaires, simples citoyens, etc. On pouvait se croire dans une sorte de show ou de festival.

Un des exemples. Une photo sur laquelle on voit Willy Nyamitwe, principal conseiller chargé de la communication à la présidence, en train de se faire photographier devant le dit palais, avec plusieurs artistes, tous remplis d’allégresse, a beaucoup été partagée sur les réseaux sociaux ce lundi, suscitant ainsi une vague de réactions. Le groupe venait juste de rendre hommage au défunt. Des internautes voient en l’attitude un « manque de décence ».

Autre chose. Alors qu’au même palais, il y avait plusieurs livres de condoléances, des reporters ont été étonnés de voir beaucoup de gens boycotter l’entrée où il n’y avait pas de caméras pour faire des files indiennes sur celle où il était possible de se faire filmer et photographier. Après, ils publiaient leurs photos sur les réseaux sociaux. Et les vidéos, diffusées via la RTNB. Souhaitant se montrer davantage, « certains essayaient même de réclamer des interviews », affirme un journaliste.

Cependant que la famille présidentielle est encore sous le choc et qu’en même temps le nouveau président élu, Général Evariste Ndayishimiye, est en train de constituer son futur gouvernement, la plupart des gens semblent, paradoxalement, profiter des circonstances actuelles pour se positionner politiquement : La course vers la recherche des nominations semble primer.

Dans sa courte analyse du 16 juin 2020 intitulée « L’extraordinaire capacité de dédoublement au Burundi », le journaliste et écrivain Roland Rugero tente d’expliquer comment les Burundais sont un peuple imprévisible, complexe, insaisissable, etc.

Dans cette logique, il est peut-être difficile de distinguer le véritable ami du faux. En tout cas, le président de la république, surtout celui qui a dirigé le Burundi pendant 15 ans et qu’on a baptisé « Guide Suprême », mérite mieux que des slogans ou des selfies.

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